De capricieux à curieux ? Ça se peut !

Odile Archambault, du blogue Maman a un plan, nous partage le récit humoristique des caprices alimentaires de ses enfants.

Mes enfants sont de vrais veaux. Des petits veaux tout mignons. Mais des veaux quand même.

Ils boivent tout le temps du lait. En s’ouvrant les yeux le matin, ma fille s’exclame : « LAIT-LAIT POU-POU-PLAÎT ! ». Le soir, avant le dodo, même s’il a brossé ses dents et que ce serait vraiment mieux pas, mon fils réussit toujours à me convaincre de le laisser boire : « Une dernière p’tite gorgée, maman d’amour ».

Mais quand vient le temps de laisser leur boisson favorite pour manger… c’est autre chose ! J’ai souvent vu mes enfants lever le nez sur leur assiette, mais je me disais que c’était parce qu’ils préféraient jouer, courir, sauter, chanter et danser plutôt que de s’asseoir pour manger.








 

— L’épiphanie de la saucisse —

Jusqu’à ce que je réalise que, pour certains aliments bien précis, je n’avais jamais de problème à les faire manger avec appétit et bonheur. De la saucisse, par exemple.

Je les regardais engouffrer leur repas et je me suis dit : « S’ils mangent, s’ils ont faim, s’ils savent se tenir à table quand on mange de la saucisse, est-ce que ce serait parce que les autres fois, ils seraient en train de faire des… caprices ? ».

J’ai dû me rendre à l’évidence : ma fille qui faisait mine d’avoir un haut-le-cœur en mâchant des fruits, mon fils qui ne pouvait manger une crevette sans « s’étouffer », c’étaient des petits caprices.








 

— Chercher des solutions —

Même si j’aimerais avoir l’air brillante et vous dire que j’ai réussi du premier coup, la vérité est que j’ai fait beaucoup d’essais-erreurs. Alors, dans une visée « d’auto-humiliation-publique » assumée, voici les six trucs que j’ai d'abord essayés pour éliminer les caprices de ma salle à manger… trucs qui ont tous lamentablement échoué.
 

1. La manipulation émotive
Mais prends une p’tite bouchée pour faire plaisir à maman !
 
2. Les histoires de peur
Tu ne grandiras jamais si tu ne manges pas !
 
3. Le mensonge
Miam ! Mais as-tu goûté à ces délicieux choux de Bruxelles, tu vas adorer !
 
4. Le mensonge, version « améliorée »
Oh ! As-tu vu les gros muscles à papa ? C’est parce qu’il mange tous ses choux de Bruxelles qu’il est fort comme ça !
 
5. L’honnêteté
Non, ce n’est pas très bon au goût, mais c’est vraiment bon pour ta santé !
 
6. La culpabilité
Tu sais qu’il y a des enfants dans le monde qui NE MANGENT MÊME PAS ?

Mes enfants ne mangeaient pas plus, j’accumulais les échecs.








 

— Ma révélation —

C’est après des mois que j’ai finalement mis le doigt sur le bobo : j’en faisais trop.

Je parlais trop. J’essayais de leur « vendre » la nourriture qu’ils avaient devant eux, et je n’étais vraisemblablement pas très convaincante.
 

C’est grâce à cette réalisation que ma septième tentative fut la bonne : me taire !

Je leur annonce maintenant ce qu’il y a dans leur assiette en nommant simplement les aliments… et contre toute attente, ça fonctionne !
 

Oui, une année a passé depuis « l’épiphanie de la saucisse », mais ma patience est à présent récompensée. Maintenant, ils découvrent et explorent eux-mêmes, ce qui les rend de plus en plus curieux à table et, ceci expliquant cela… de moins en moins capricieux !

(Cue effet sonore : soupir de soulagement maternel.)