La fin de l’hiver approche, et c’est le moment que choisissent plusieurs familles pour s’évader dans le sud. Et qui dit voyage dans le sud en famille dit magasinage de maillot de bain. Une tâche qui est souvent synonyme de stress pour certaines et particulièrement pour les nouvelles mamans.

Nous avons donc réuni trois mamans bien différentes pour nous parler de leur cheminement face au réapprivoisement de leur corps après une maternité. Trois mères qui ont appris à s’aimer telles qu’elles sont et qui souhaitent encourager celles qui en auraient besoin.

 

Odile

Je ne sais pas vous, mais moi avant d’avoir des enfants, je pense que je n’avais jamais vu ça, un corps post-maternité. Mes amies qui étaient passées par là avant moi (peu nombreuses) ne m’en avaient pas parlé, ni montré d’ailleurs les changements physiques sur leur corps après des grossesses et des accouchements.

Bon pour être honnête, moi non plus, après avoir eu mes enfants, je ne me suis pas lancée tête première en bikini sur la plage. Mais quand j’en ai parlé sur mon blogue, j’ai été happée par la foule de commentaires allant de « Moi aussi, je pensais que j’étais toute seule! » à « Si tout le monde le montrait son pas-parfait, j’oserais moi aussi! » et jusqu’à « Pourquoi, même entre amies, on se cache le ventre, hein? ».

Ce cri du cœur, il est venu me chercher, car elles avaient raison. Il y a quelque chose de salvateur à « montrer » son corps post-maternité. Pas nécessairement juste en bikini, là! Je parle en général.

C’est quoi la beauté au juste? Je me dis que donner la vie à un enfant ça fait forcément partie de l’équation, non?

 

Josiane

Personnellement, je trouve qu’une chose qui ne change pas c’est qu’enceinte ou en post-accouchement notre corps devient un peu sans le vouloir le domaine de la sphère publique. On se met tellement de pression en tant que maman. Faudrait qu’on rentre dans nos jeans la semaine après notre accouchement. Mais qui a demandé ça? Personne. Tout le monde sait de toute façon que c’est pas mal plus confortable des pantalons de maternité! ;). On a juste une vie (yolo) et surtout on a juste un corps. Le truc, c’est qu’il n’y a pas de corps parfait. Si on n’assume pas le nôtre, personne ne va le faire à notre place. Il faut changer notre façon de penser. Il faut aussi surtout se poser les vraies questions, passer de « J’ai-tu l’air de vouloir me cacher avec un maillot une pièce? » à « Est-ce que c’est ça que j’ai envie de porter? » et « Est-ce que je me sens bien? ». Je vous jure que c’est possible d’avoir une vision positive de son corps après une, deux… ou même quatre grossesses! Hein, Marie-Andrée?

 

Marie-Andrée

Oui! ☺

Je me demande… Pourquoi est-ce qu’en général c’est plus facile d’avoir de la compassion pour les autres, mais quand c’est pour nous-même c’est une autre affaire?

Notre amie qui se plaint de son « mou de bedaine post-grossesse », on va la rassurer en lui disant « Ça paraît pratiquement pas! ». Et on va lui dire de ne pas être trop exigeante envers elle-même : « Ça fait juste deux mois que tu as accouché, laisse-toi du temps! ». Mais quand il s’agit de notre propre corps, c’est une toute autre histoire.

Au fur et à mesure des grossesses, il faut apprendre à transférer un peu de l’empathie qu’on donne aux autres pour l’appliquer à soi-même. Je crois que mes enfants m’ont aidée à cheminer là-dedans. Parce que lorsque tu t’examines dans le miroir, que tu fais la liste de tout ce que tu aimerais changer de ton corps et que ta petite fille entre et te regarde avec des yeux admiratifs en te lançant un « T’es vraiment belle maman », tu te dis que tu devrais peut-être essayer de te regarder avec ces yeux pleins d’amour. Je suis maintenant capable d’être moins sévère avec moi-même. C’est pas parfait, mais c’est mieux.

Être sévère envers soi-même c’est ouvrir la porte aux regards des autres. On s’imagine que tout le monde nous juge, nous critique, parce qu’au final c’est seulement avec nous qu’on n’en laisse pas passer une.

Ce qui m’a le plus aidée à cheminer, c’est mon amoureux. Le regard qu’il pose sur moi est le même qu’à nos débuts, avec autant de tendresse, avec autant d’amour. Il me complimente toujours autant, sinon plus qu’avant. C’est important d’être bien entourée et d’être ouverte à l’amour que tous les autres ont à nous offrir.