Une histoire de santé mentale et d’amour

Pour beaucoup, le mois de février est synonyme d’amour. Pour Carolane Stratis, c’est plutôt le mois où elle prit sa santé mentale en main.

Ne dit-on pas que l’amour que nous donnons aux autres passe avant tout par le fait d’être capable de s’aimer autant soi-même? Cela inclut de poser des gestes au quotidien qui nous aident physiquement et psychologiquement.

Nous avons demandé à Carolane Stratis de nous partager son histoire dans le but d’aider d’autres personnes (qui pourraient se trouver) dans la même situation et de les inciter à prendre le chemin du mieux-être.








 

Salut, je m’appelle Carolane Stratis, j’ai 29 ans et je vis avec la dépression depuis 2012.

Comment j’ai su que j’étais malade?

Pour moi, la maladie est arrivée de nulle part. C’était une journée de février, je me suis trompée de bus en voulant aller chez moi un lendemain de fête un peu trop arrosée. J’avais froid, je suis arrivée chez moi, je me suis mise dans les couvertes et j’ai pleuré. Je suis restée sous les couvertes pendant un mois à en perdre totalement l’appétit.

C’est à partir du moment où je me suis mise à avoir des pensées plus sombres que j’ai réalisé que ça n’allait vraiment pas. C’est un peu ce qui m’a donné la force d’aller chercher de l’aide.








 

Prendre le chemin le moins évident.

J’aimerais dire qu’à partir de ce moment j’ai vécu heureuse et j’ai eu beaucoup d’enfants, sauf que ça n’a pas été tout à fait le cas. OK, pour le beaucoup d’enfants (je suis bien partie, je vais bientôt avoir mon deuxième bébé :P) et le prince charmant, mais ma finale de conte de fées s’arrête un peu là. Aller mieux, c’est un travail de longue haleine, mais c’est surtout une question d’acceptation. Il faut prendre des décisions qui ne sont pas toujours faciles. Il faut changer nos habitudes, faire en quelque sorte le ménage dans notre vie et ainsi mettre toutes les chances de notre côté pour mieux aller. Pour moi ce fut entre autres de prendre de meilleures habitudes alimentaires et de changer de cercle d’amis. J’ai aussi dû faire une pause de six mois dans mes études pour me concentrer sur ma santé.

L’important, c’est de s’entourer de gens qui ont un impact positif sur notre vie et surtout qui ont une bonne écoute. Pour moi, c’est ma psychologue. Elle est toujours là pour m’écouter sans jugement et avec beaucoup d’empathie, et ce, même quand je ne sais pas quoi lui dire. En plus, comme ça fait longtemps qu’elle me suit, elle est témoin de mon épanouissement tout au long de ma maladie. Je porte beaucoup de chapeaux : celui de maman, de conjointe, d’entrepreneur, d’étudiante. J’ai même écrit un livre avec ma jumelle, Josiane. Preuve que c’est possible de s’épanouir même avec une maladie mentale.

PARLER POUR MIEUX ALLER

Quatre ans plus tard, je peux de nouveau dire que ça va bien. Je n’ai pas l’assurance que ça ira toujours aussi bien, mais au moins, j’ai maintenant les outils en main pour m’aider et partager cette expérience avec le monde entier.

On a tous des parcours différents et des vies différentes. Personne n’est à l’abri de la maladie mentale. Elle ne choisit pas sur qui ou quel genre de personne elle va tomber. C’est pourquoi c’est super important qu’on en parle et qu’on accepte que c’est une maladie au même titre que n’importe quelle autre maladie dite « physique ». Si vous vous reconnaissez dans mon histoire, peu importe la façon dont vous y parvenez, l’important c’est d’aller chercher de l’aide, d’en parler, de bien s’entourer mais aussi de s’ouvrir sur le changement. Vous aussi avez le droit et êtes capable de mieux aller.