Une mère, c’est supposé aimer l’hiver ?

Odile Archambault, du blogue Maman a un plan, nous raconte son histoire, celle d’une mère qui n’aime pas (vraiment) l’hiver.

— Janvier 1993 —

« Odile, viens, on va s’habiller pour aller jouer dehors! »

Angoisse interne pour l’enfant de 8 ans que je suis alors. Non, je ne veux pas aller jouer dehors. Dehors, il fait froid. Dehors, c’est l’hiver.

J’habite devant un grand parc avec une immense colline pour glisser, tout ce dont un enfant est supposé rêver. Sauf moi. Mais ma mère ne me laisse pas le choix. On n’a pas le choix, à 8 ans. Je vais devoir aller « m’amuser » dehors.

Au moins, il y aura un lait au chocolat chaud en rentrant. Je m’accroche à cette pensée durant toutes mes glissades, où la neige qui m’arrive dans le visage m’agace plus qu’elle ne m’amuse, où mes mitaines se mouillent plus qu’elles ne me réchauffent et où la goutte qui me pend au nez me fait m’ennuyer du doux confort de ma chambre et du livre du Club des Baby-Sitters qui m’y attend.

En rentrant, ma mère nous trouve si mignons mon petit frère, ma petite sœur et moi, les joues rouges et la neige prise en glace dans les cheveux, que si on était en 2016, ça s’en irait directement sur Instagram, c’est clair.








 

— Janvier 1998 —

« Odile, ton frère et ta sœur s’en vont jouer dehors, tu vas avec eux? »

J’ai 13 ans maintenant, alors… non, merci! Je vais rester dans la maison à regarder des épisodes de Watatatow. De toute façon, quand mes frangins rentreront les joues glacées, j’aurai droit à un peu de leur chocolat chaud.








 

— Janvier 2005 —

Je suis une adulte. Je ne sors presque jamais l’hiver. Sauf pour aller boire des mokaccinos dans les cafés branchés.








 

— Janvier 2016 —

« Maman, viens nous rejoindre! » Mes enfants et mon mari ont vraiment l’air d’avoir du plaisir dans la cour arrière. Je me dis qu’il faudrait quand même que j’essaie d’en avoir, moi aussi. C’est ça que c’est supposé faire, une vraie mère, non?

Je me risque donc le bout du nez dehors. Je me mets un grand sourire dans le visage. Et je me lance dans la neige. Je fais des anges avec ma fille, un bonhomme de neige avec mon garçon et, contre toute attente (en tout cas, les miennes), j’ai du fun. Disons que j’en ai juste assez pour me convaincre que je devrais faire ça plus souvent. Je propose même à mon mari qu’on aille tous ensemble glisser au parc du coin le week-end prochain. Il en est ravi. Je me sens presque devenir normale. Douce émotion. Serais-je en train d’apprendre à aimer l’hiver? Je crois bien que oui. Preuve qu’il ne faut jamais dire jamais (Justin Bieber, quand tu nous tiens).

Mais, soyons honnête, ce que je préférerai toujours sera le fameux chocolat chaud qui suit les escapades hivernales… et les méchantes belles photos que donnent les petites joues rougies de mes héritiers sur Instagram, c’est clair!

Recette réconfortante de Chocolat chaud à l’érable et au caramel