L’école m’a toujours fascinée. Ma mère étant enseignante, sa classe était comme ma deuxième maison. Déjà, toute petite je rêvais d’appartenir à ce monde où l’odeur de craie et la promesse de connaissances m’étaient enivrantes.

Je voulais lire, je voulais écrire, je voulais tout comprendre. J’avais soif d’autonomie.

J’étais aussi une enfant un peu anxieuse et ma suce m’a rassurée jusqu’à l’été précédant mon entrée à la maternelle. Mon père, bien malicieux, a su trouver LA technique pour que j’accepte enfin de m’en débarrasser : la troquer contre une boîte à lunch de mon choix. Cet échange a marqué mon entrée dans le monde des grands.

Plus ça change

Cette année, pour la toute première fois je vais vivre l’entrée dans le monde des grands d’une autre manière : mon garçon commencera la maternelle.

Lui aussi, il a soif d’apprendre. Sa curiosité est sans limites. Il a hâte d’aller à l’école, de rejoindre ses amis. Depuis le printemps dernier qu’il en a plus qu’assez de la garderie. Pour l’encourager et le faire patienter, je lui ai demandé ce qui lui ferait plaisir. Sa réponse m’a profondément émue : « J’aimerais avoir un sac à dos, un vrai, maman. » Nous sommes donc partis tous les deux à l’aventure, à la quête quasi initiatique de l’objet scolaire tant souhaité.

Quand il l’a vu, ce sac somme toute banal mariant le noir, le gris et le blanc, il a craqué : C’EST LUI QUE JE VEUX! J’ai eu beau lui en montrer d’autres, lui dire qu’il avait plein de choix, rien n’y a fait. C’est ce copain qu’il traînerait avec lui à la rentrée. Celui qui, d’ici là, lui permettrait de rêver au monde des grands qu’il attend (im)patiemment.

Mon cœur balance

Évidemment, la maman en moi n’est pas prête à laisser filer la petite enfance de son garçon. C’est qu’il y a quelque chose de rassurant à le voir comme mon bébé. Mais la fillette en moi se rappelle trop bien à quel point la maternelle était le bout du monde. Et, il faut croire qu’elle a encore bien du poids dans la balance, la petite Odile, parce qu’entre mon désir de le garder tout petit et ma joie de le voir grandir, c’est cette dernière qui l’emporte.
 

Je te souhaite la plus belle des rentrées, mon grand garçon. (Message à ma fille : prends ton temps avant de devenir grande, maman n’est pas pressée. Pas pantoute.)